Boutis, joli boutis…

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Tu pares les lits de tes broderies… Ton origine est lointaine (XVème siècle), on dit que tu viens d’Italie ou de Sicile. Et ton nom sonne bien. Il évoque les demeures anciennes et le beau linge de maison. Vous qui aimez les boutis, connaissez-vous bien cet art très ancien ?

L’origine du mot boutis

Lorsque Louis XIV crée la Compagnie des Indes, Marseille devient un grand port de commerce et d’échanges avec les pays orientaux. De nombreux ateliers et manufactures de couture se créent et développent les techniques typiquement provençales du piqué et des broderies utilisant le relief. Plusieurs pistes sont avancées sur l’origine du mot boutis. Il remonterait au temps où Marseille recrutait des brodeuses venant de Sicile et viendrait de l’italien « imbottito » (rembourré, rempli) et du geste “emboutir” (faire passer les mèches de coton dans les petits compartiments surpiqués). Pour certains, le nom vient de l’ancienne aiguille de buis qui permet ce délicat travail de bourrage. Pour d’autres, il est issu du provençal « boutiholo » qui signifie « bulle, vésicule ».

L’appellation “boutis” s’applique uniquement aux pièces réalisées selon les techniques de fabrication traditionnelle. Cette technique consiste à coudre au fil les contours d’un motif sur deux toiles superposées. Certaines parties sont rembourrées pour créer un relief et de l’opacité. Lorsque l’ouvrage est terminé, on expose le boutis à la lumière du jour ou d’une lampe, le dessin apparaît en transparence. Les plus beaux boutis sont entièrement brodés et rembourrés à la main. Ils sont aussi beaux à l’endroit qu’à l’envers. Le choix du tissu est important : il peut s’agir de soie ou de percale, mais aussi de coton de bonne facture type batiste (étoffe de lin) ou coton d’Egypte. Le boutis “fait main” est réellement une pièce unique.

Le piqué de Marseille

Dans la tradition provençale, les deux techniques “piqué” et boutis » sont intimement liées. Le piqué est souvent assimilé au boutis mais la technique est différente : il s’agit d’une épaisseur matelassée introduite entre deux pièces de tissu qui sont ensuite piquées ensemble. La différence entre boutis et piqué se fait par la transparence : seul le boutis se distingue par le jeu d’ombres et de lumières de ses motifs en relief.

Du trousseau d’antan à nos jours

Autrefois le boutis entrait dans la composition des trousseaux de mariage. Il était également offert lors des naissances. Les familles aisées commandaient leurs boutis dans les ateliers, les familles moins riches réalisaient leurs propres ouvrages. Les femmes confectionnaient de petits présents en boutis : tableautins, pochettes et sacs, albums, dessus de berceau, coussins pour alliances… Ces cadeaux célébraient l’amour, la naissance ou l’amitié. Le choix des motifs étaient souvent symboliques : bonheur, prospérité…

Aujourd’hui le boutis se décline en courtepointe, en couvre-lit ou en jeté de canapé. Le boutis traditionnel se modernise par ses motifs, ses piquages (losanges, spirales…) et ses couleurs. Il est agrémenté d’applications brodées, animé de volants, de passepoils… Il transforme la déco en un clin d’œil. Version pop, romantique ou japonisant, il flirte avec tous les styles et répond aux goûts de chacun.